Bonjour à tous les cousins

 

Je remercie toutes les personnes qui m’ont aidées dans mes recherches (Eric, Serge ,Marcel, les internautes etc…. )

Sommaire (affichermasquer)

1 – Ma famille

  • Récit de Robert Picard [Fiche Robert Picard]: prisonnier du 21/06/1940 au 21/04/1945 sous le n°26715 au commando 715 stalag VIA. Dortmund, Westphalie Allemagne.

Extrait de son journal de prisonnier de guerre, écrit sur place les derniers jours avant sa libération.

30/03/45 Vendredi Saint, là se déroule les plus grands faits de notre vie. Bien tranquilles dans le silence, occupé à son travail journalier de Géfange, il nous a fallu cesser le travail pour rentrer immédiatement au camp avec des vivres pour cinq jours. Donc bien tranquilles nous sommes rentrés ivres de joie parce que pour nous se déroule la fin de cette vie de martyre dans le plus grand calme. Nous empaquetons nos objets les plus précieux et le brin de linge qui nous reste. Mais là il y avait un lièvre qui attendait son sort pour Pâques. Plus d’hésitation, il ne fallait pas le laisser perdre. Je me suis mis à la besogne de suite. Et là, sous un feu ardent, la cuisson s’achève quoique [**] tant nous le mangeons nous sommes pardonnés à l’avance car dans les circonstances où nous nous trouvons il n’y avait pas à remettre au lendemain, car nous attendions l’ordre du départ d’heure en heure. La journée s’achève sans changement, on se couche sur le qui-vive à moitié habillés. Un bruit dans la nuit, je viens d’entendre le mot de aus-thème nous voilà debout à notre grande surprise. On vient de nous tout le monde . Bientôt cela nous donne davantage d’espoir. Pendant ce temps la boucle se referme. La journée se termine sans changement. Malgré tout, nous sommes toujours en état d’alerte.

Dimanche 1 avril 1945 Jour de Pâques, rien ne change. Nous sommes toujours sur le qui-vive et se passe avec bien des bobards pour d [**] . La bouche est fermée, pour d’autre est encore ouverte, d’autre dise que l’on ne partira plus. Pour moi, c’est toujours l’incertain. On se couche avec la pensée de faire un rêve merveilleux.

Lundi 2 avril 1945 Mais au milieu de la nuit, nous sommes réveillés par un bruit qui nous parait pas normal. Tout le monde est debout, il faut partir, il est 2 heures et demi du matin. Ce n’est que l’alerte, on ne partira qu’à 8 heures. Donc je fais mon possible pour achever mon sommeil mais dans un vacarme d’enfer cela est impossible. Donc je me lève. On prépare le bravet et on réquisitionne des petites charrettes sans avis et on y entasse les soies et les vivres de réserve qu’on avait eu soin de se procurer à l’avance car nous avions eu l’exemple des nombreuses colonnes qui avaient passées dans notre petit patelin. Les montres marquent 8 heures. Donc dans un charivari formidable on a les oreilles cassées par des coups de marteau d’autres qui disent ma voiture n’est pas encore prête et ceux qui prévoyaient comment allait se dérouler notre nouvelle aventure. Pour [moi] je prévoyais que l’on n’irait pas très loin car je savais que nous étions encerclés ou presque. Enfin le départ qui était marqué pour 8 heures. Nous sommes parvenus à retarder de 8 quarts d’heure toujours cela de gagner sur les alliés. Le départ se fait dans le plus grand ordre. La tête de la colonne se dirigeait vers l’Est, escortée de nos sentinelles baïonnette au canon enfin le tout s’ébranle avec la chanson aux lèvres. La marche s’effectue avec une rapidité foudroyante à raison de 2 kilomètres à l’heure. Il nous faut gagner par tous les moyens pour ne pas sortir d’un asile. En notre grande journée, on arrive à parcourir 18 km avec bien du mal. A notre grande surprise nous nous trouvons mêlés avec les soldats de la grande armée en déroute et nous venons d’apprendre que le cercle est bel et bien fermé. Quelques soupirs viennent de sortir de tous les coeurs. Pour notre première étape, bonne réception une brave femme nous offre des pommes de terre pour nous faire une soupe. Tous à l’oeuvre, les pluches sont faites en un clin d’oeil. Moi qui étais patraque, je fus exempté. On avale ce bouillon. Cela nous a fait, à tous, un grand bien. On se couche tous dans la paille. Il n’y avait pas 10 minutes que nous étions couchés que nous entendions le bruit du canon. Je m’aperçois que nous nous trouvions au plein milieu de la bagarre. Epuisés de fatigue, on s’endort.

Mardi 3 avril 1945 On se lève de bon matin mais déjà le soleil se lève à l’horizon d’un beau rouge. Une belle journée se prépare. Bien des bruits courent que l’on ne peut pas partir, que les Américains sont dans les environs ou que la ville Avede est ville ouverte, mais toujours des bobards. Vers 8 heures, officiers et sous-officiers se consultent. Ils ne savent pas ce qu’ils vont faire. Enfin [] heures plus tard, on crie: « Faîtes vos bagages et chargez vos voitures ». A ce moment le temps s’est couvert. Une petite bruine tombe. Rien n’empêche à notre petite colonne va de nouveau s’ébranler. Je me demande quelle direction va-t-on prendre. Nous sommes rassemblés . L’ordre du départ est donné et nos cols verts se dirigent de nouveau vers l’Est. Pour moi, mon coeur est rempli de joie. Je me dis on va bientôt rejoindre nos alliés. La marche reprend toujours la même cadence. Nous faisons environ 6 km. Là nous sommes bloqués . Nous ne pouvons plus avancer. On est au point où je pensais. Nous sommes mêlés à la troupe en plein milieu des chars et de toutes sortes d’étrangers. Là nos conducteurs ne savent que faire: aller de l’avant ou de l’arrière. Plus le temps qui s’écoule, de plus près je vois la liberté. Nous nous installons bien tranquillement et on se met à casser la croûte. Enfin il arrive un ordre. Il faut repartir. On fait quelques centaines de mètres en arrière pour nous mettre dans une ferme. Là nous nous installons de nouveau, on étale la bouffe croyant passer une bonne après midi et nuit. A peine le tout terminé qu’il arrive de nouveaux ordres: demi tour par principe nous sommes trop près de l’ennemi. Après un tas de question car nous voulions savoir où on allait de nouveau, on nous dit pour retourner à votre camp. La colonne de nouveau s’ébranle mais toujours à la même cadence car nous ne voulions à peine les croire surtout après 5 années de mensonge. La colonne avance péniblement sous le feu de l’artillerie et de la mitraille. Après une marche de 5 km, nous arrivons dans un bled. Personne ne veut nous recevoir pour coucher là. On allait rire après avoir visité 4 fermes dont la réponse était toujours négative. Nos sentinelles vont se prendre avec le patron de l’exploitation qui était à moitié ivre se trouve coiffer et une magistrale paire de gifles et l’autre prend son mousqueton et le met en garde. La scène se termine par de mauvaises paroles et nous f repartir plus loin. On fait encore environ 2 km là c’est la halte pour la nuit et on s’endort sous le son du canon etc.

Mercredi 4 avril 1945 On se réveille tôt. Il fait froid. On se fait chauffer de l’eau pour se faire du café. Quel travail du bois mouillé et pourri. On y arrive avec le temps. Sur les 10 heures, là nous voilà de nouveau en marche pour le retour au camp. Je me demande si on pourra traverser la grande route. Elle est peut être occupée par les alliés. Enfin nous l’avons passé, mais on voit qu’on est proche de la bataille. On aperçoit quelques paysans du pays qui sont là en train de liquider un magasin avant l’arriver des amis. Quelques uns de mes camarades aperçoivent leur patron. A ma grande surprise, j’en aperçois 3 qui se détachent du groupe pour aller leur serrer la cuillère. Vraiment le français oublie vite les peines que leurs bourreaux leur ont fait endurer. etc. Nous nous acheminons bien tranquillement. On arrive dans le pays. Là encore on dirait que la tempête ou l’ouragan a passé. Tout a changé. Dans notre camp il y a plus de 300 prisonniers de guerre entassés les uns sur les autres qui viennent de rejoindre martyre où j’aperçois 2 camarades qui étaient partis du commando comme ouvrier dans les bataillons. Il nous faut prendre une décision. On nous dit que le camp sera libre et nous pourrons reprendre notre place. Je dis à mes camarades: nous ne devons plus obéir aux soldats de la grande armée. Chacun sait ce qu’il a à faire . Pour moi, je monte chez mon patron et je veux une place pour coucher là. Je m’installe en attendant la grande liberté sans beaucoup travailler car le courage manque à tous.

Jeudi 4 avril 1945 Journée bien calme. Ma deuxième patronne s’ennuie. Elle vient me chercher pour faire quelques travaux. Je répond oui mais avec une grimace. Le soir je fait un tour jusqu’au camp. Il est libre. Je reste où je suis.

Vendredi 5 avril 1945 Pas de changement à part qu’un copain part chez tous les paysans pour dire qu’il faut rentrer au camp avec une journée de vivres. Je rentre.

Samedi 6 avril 1945 Rien d’anormal à part qu’on entend bien le bruit du canon et de la mitraille. Le front approche. Moi, je plaque le camp. Je reviens coucher à la ferme.

Dimanche 7 avril 1945 Là commence le grand jour. Au matin le soleil se lève rouge. A l’horizon, le canon gronde avec rage. Nous sommes près de la bataille jusqu’à midi. Enfin tout cesse de gronder. C’est une accalmie de 2 heures, on peut dire que le silence règne. Dans la plaine, on entend le chant des oiseaux sous un petit vent frais qui vient du Nord et le soleil projette ses rayons avec ardeur sur ce sol qui va être meurtri. Là, il n’existe plus que 2 choses pour moi: il n’est plus question de mort ou de liberté. Là je rejette. A 2 heures 30, la bataille recommence. Nous sommes sous l’enfer de feret de fui. J’entends les blindés américains contre quelques allemands qui restent là pour permettre au gros de la troupe de se replier. On voit fuir les chars, autos, blindés allemands vers les monts du Savoieland. La bataille fait rage. A certain moment, je crois que je vais être bientôt libre. J’observe attentivement les opérations. Après une heure et demi de bataille, tout cesse. Le calme revient pour le reste de la journée et une partie de la nuit. Pour moi avec un camarade, je sais et je vois où sont les américains. Donc le soir, bien tranquillement, je descends jusqu’au commando. Je dis à mes camarades si vous voulez venir avec moi, je vous conduit ce soir à nos alliés, l’homme de confiance. Nous sommes là, nous les attendrons ici. Je leur dis: vous êtes assez grand pour vous conduire. Donc moi je retourne à la ferme et je me couche bien tranquillement à environ 800 mètres de mes amis.

Lundi 8 avril 1945 Vers 3 heures et demi du matin, je suis réveillé en sursaut par plusieurs détonations. Je juge que la situation devient critique. Je m’habille et je me recouche en me disant reste où tu es, meurt où tu dois. Plusieurs sabords redoublent avec rage. Je garde mon sang froid. Au petit jour, je me lève et je regarde ce qui se passe à l’horizon. Je vois encore les quelques soldats allemands qui ont passé la nuit. Il est 7 heures, je casse la croûte en vitesse car chaque minutes qui s’écoulent paraissent plus longues. Voilà la mitraille par rafale. Les amis sont proches. Je vois les quelques allemands qui se débinent à une vitesse foudroyante. Plusieurs rafales d’artillerie passent en sifflant. On se fait petit. Je descends à la cave. La curiosité me domine, je veux voir. Donc j’aperçois à environ 200 mètres de moi un groupe de soldats. Je regarde bien, ce sont eux. Là plus d’hésitation, je vais au devant d’eux avec un camarade qui se trouvait dans la ferme à coté. Mais le groupe continuait à faire le nettoyage de la plaine. Là nous avancions prudemment sur la route. Enfin on aperçoit 2 qui viennent au devant de nous. Première parole avec nos alliés: qui êtes-vous? prisonniers français. C’était un grand, il parlait peu le français. Il nous demande s’il y avait beaucoup d’Allemands. Mon camarade et moi nous leur répondîmes très peu, tous les blindés sont partis. Ils retournent sur leur pas. Au bout de 10 minutes, on entend le bruit de moteur, ce sont les chars qui arrivent. Je retourne sur mes pas vers la ferme. Au bout d’un quart d’heure, j’aperçois le groupe de nettoyage qui revient. Là je suis interpellé en vrai français par un du groupe. Il me demande qu’est ce qu’il y a comme troupe dans le secteur. Je leur réponds: pas grand chose, quelques soldats. Les blindés sont certainement à plusieurs kilomètres de là. Là je laisse écouler un laps de temps pour la prise du patelin. Au bout d’une demi heure, je vais au patelin pour voir ce qui s’est passé et prendre des nouvelles des camarades qui étaient de reste dans le commando. Là, à ma grande surprise, je vois que la guerre a passé dans le pays. Je vois un camarade. Il me dit: il y a un français qui a trouvé la mort et 7 autres blessés dont 3 grièvement. Je pose un tas de questions. On me répond je ne sais pas.

Définitions Stalag : http://fr.wikipedia.org/wiki/Stalag Dortmund: http://fr.wikipedia.org/wiki/Dortmund Autre témoignage : http://juin1940.free.fr/stalag.htm

2 – Chemault

Documents Word http://cid-b14ab3fad0238841.skydrive.live.com/self.aspx/.Public/Histoire%20du%20chateau%20de%20Chemault.doc

3 – Autres villages

4 – Autres arbres généalogiques de cousins

5 – Copies d’actes

Publié dans Uncategorized | Laisser un commentaire